La douleur persiste. Il me manque de plus en plus ... Je n'arrive toujours pas à réaliser que je ne verrais plus jamais son doux visage. Plus jamais je n'entendrai le son de sa voix, l'intensité de son rire. Les souvenirs envahissent mon esprit, même les plus insignifiants. Sa joie, sa bonne humeur ... Je me souviens il y a quelques mois, à la plage, il m'avait tendu son briquet ... A la même période, on était allées le voir au travail... On avait passé plusieurs minutes à discuter de tout et de rien, de la famille, des amis, des sorties, des amours ... Sa présence me manque, comme si ça faisait des années qu'il n'était plus là, alors que ça ne fait que ça ne fait que 4 mois ... Sans doute les plus longs de mon existence, les plus durs à supporter, les plus horribles ... J'en arrive même à me demander comment je vais faire sans lui ? Comment on va faire sans lui ? Penser à son corps sans vie m'achève. Les larmes n'ont jamais autant coulé. Sans arrêt ... Et ça continue encore .... Et ça continuera encore longtemps ... Je ne peux pas me passer de lui ... Pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ? Pourquoi l'autre con n'a pas su regarder avant d'avancer ? Cet enculé à détruit le bonheur d'une famille entière en un quart de seconde... Il ne mérite pas de vivre après ça. Vraiment pas. Je ne veux pas me dire que c'est fini. Non. Pas question. Je ne veux pas qu'il parte. Trop tard. La partie est terminée. Le formol à pris la place du sang et la tristesse celle du bonheur. Je repense au jour de son enterrement... Dans sa salle de bain, sa brosse à dents dans son verre, son rasoir sur le lavabo, son flacon de parfum dans le placard... Toutes ses choses qui ne serviront plus. Jamais. Sa femme vivra sans lui. Sa grande fille ne travaillera plus avec lui. L'autre ne lui demandera plus de conseils. La petite grandira sans son papa. Il ne verra pas naître son petit enfant, lui qui n'attendait que ça... Il n'aura même pas eu le plaisir de l'apprendre... A un jour près... La vie est trop injuste parfois. Nous avons perdu un oncle, un père, un fils, un frère, un ami... Ses funérailles ont été dignement célébrées. Beaucoup de monde était là pour lui dire adieu. Ou plutôt au revoir, parce qu'on finira bien par se retrouver tôt ou tard. Personne n'y échappera. Naissance, vie, mort, et la boucle est bouclée. Souvent trop vite. Quelle honte d'ôter la vie à quelqu'un de si apprécié... Il va nous falloir beaucoup de temps... Pour oublier ? Non, l'oubli n'est pas une bonne chose. Au contraire. Il faut continuer à parler de lui, de penser à lui, de rire de lui, de regarder ses photos, comme avant, mais avec sa présence en moins. Impossible de penser à autre chose de toute façon. Il hante mon esprit. Sans arrêt. A chaque seconde son nom résonne dans ma tête. Tout est sombre. Je hais les gens qui sourient autour de moi, les gens qui s'amusent, qui ont un but. Il n'est plus là, et il ne le sera plus. La souffrance m'envahit souvent. Je pense toujours à lui. En passant à Pietranera. En passant devant la SOCOBO, devant l'Impérial où j'allais lui dire bonjour quand il prenait son café chaque matin. Trop de souvenirs qui font mal, très mal. Les vidéos de Noël 2007 m'ont fait sourire. Le voir bouger, l'entendre rire et parler... Tant de choses banales qui ne peut plus faire à présent, mais qui font du bien à voir. Ses filles, sa famille, ses amis... On à tous besoin de lui. Trop tard. Ce n'est pas maintenant qu'il faut le prouver. Il fallait le faire avant. Toute une vie est passée sans que je puisse lui dire clairement que je l'aimais... Et je l'aime encore... De plus en plus... Même à travers le bois de son cercueil, le ciment de son caveau... Malgré tout. Je l'aime encore plus qu'avant. Il m'a tellement fait sourire... Il n'a fait naître en moi aucune déception, fait couler aucune larme jusqu'à sa mort. Il m'a rendue heureuse sans s'en rendre compte... L'absence de sa présence me fait mal, me détruit, me brise le c½ur de plus en plus chaque jour.